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La Fabrique Version imprimable Suggérer par mail

Lieu de vie et d'échanges, le grand bâtiment de la place du Général de Gaulle reste allumé très tard le soir. Chaque astérien a eu l'occasion de se rendre au moins une fois dans cet espace privilégié de rencontres des activités artistiques et culturelles.

Le terme de "Centre Culturel" semble être le mot juste pour désigner l'ancienne manufacture de chaussures... En effet, force est de constater que la reconversion du bâtiment a été largement réussie, réunissant toutes les activités qui font qu'un centre culturel est vivant et dynamique : salle polyvalente de spectacles et de cinéma, hall d'exposition, partie restauration avec cuisines équipées, salles de réunion, studio de danse, salles d'enseignement musical et d'arts plastiques… Le bâtiment municipal abonde d'une vie associative ardente, pour tous les publics et toutes les passions.

Le centre culturel est géré par convention par une structure professionnelle associative, le CRAC (Centre de Rencontres et d'Actions Culturelles) de 14 permanents (3 salariés associatifs et 12 employés municipaux mis à disposition par la mairie.)

Le cinéma.

Un cinéma privé était déjà présent à Saint-Astier avant l'ouverture de La Fabrique mais il a fermé ses portes en 1982. Rouvert comme cinéma municipal (ce qui en fit la première salle d'Aquitaine de ce statut), sa gestion et sa programmation fut confiée au Centre Culturel. Le cinéma astérien fonctionne donc d'une manière associative : on est bien loin des préoccupations mercantiles des gros réseaux de distribution français. Cependant, il ne faut pas confondre associatif et désuet : la salle de cinéma, d'une capacité de 500 places assises, n'a rien à envier aux multiplexes : elle dispose d'un écran panoramique de 45 m² et du son Dolby Digital. La salle fut entièrement rénovée ces dernières années (matériel de projection, écran, système son.)

La salle de La Fabrique, classée Art & Essai, propose au plus grand nombre une programmation variée, qui va des grosses productions américaines aux films d'auteurs indépendants. La politique tarifaire est, elle aussi, en adéquation avec le système associatif, puisque le prix moyen est de 4,75 €, contre 7 € dans la plupart des multiplexes, avec un système d'abonnement. L'équipe du Centre Culturel préfère d'ailleurs parler "d'adhérents au projet" plutôt que d'abonnés. Le cinéma attire non seulement les habitants de Saint-Astier mais aussi les membres des communes avoisinantes qui ont trouvé ici le moyen de ne pas se déplacer jusqu'à Périgueux. La Fabrique assure environ 40 séances par mois : tous les soirs à 21h, plus des séances à 14h et 17h les mercredis, samedis, dimanches et pendant les vacances scolaires. L'ouverture récente du multiplexe de Périgueux n'a par ailleurs pas affecté la fréquentation de La Fabrique.

Car l'équipe de La Fabrique met tout en œuvre pour faire vivre depuis plus de vingt ans une certaine idée du cinéma de proximité "made in Périgord". Cette belle idée faite de démocratisation de l’accès à la culture, de respect du spectateur, de politique tarifaire incitative, d’ouverture à tous les publics et à tous les films fait que La Fabrique a su trouver sa place au cœur d'un territoire où les dix cinémas municipaux et associatifs et le circuit itinérant – réunis au sein de Ciné-Passion en Périgord – s'imposent comme le premier opérateur cinématographique de Dordogne, en construisant le rêve d'un ciné des champs, où le cinéma d'auteur côtoie sans complexes les blockbusters d'ici et d'ailleurs.

Les spectacles.

Tout au long de l'année, La Fabrique assure une programmation de spectacles variés, allant des musiques amplifiées au théâtre jeune public en passant par la chanson française ou les spectacles dramatiques. La salle de spectacles modulable (les sièges s'installent et se démontent facilement) permet d'accueillir des spectacles où le public est assis (spectacles jeune public ou plus âgés) ou debout (concerts de musiques amplifiées où le public est généralement plus "agité".) La Fabrique accueille également dans un espace dédié, de nombreuses expositions d'artistes invités par la municipalité.

La Fabrique exprime sa volonté d’être en permanence à l’écoute de son territoire, en favorisant dans chaque projet une véritable démocratie participative, de proposer des actions culturelles collectives à l’échelle de son territoire, d’accueillir en résidence et de soutenir de jeunes artistes locaux, de promouvoir les pratiques amateurs de son bassin d’influence, de mener un travail de mémoire autour de celle des ouvriers et paysans qui ont bâti par le passé son territoire, de maintenir malgré des moyens financiers limités l’ambition d’une programmation artistique régulière dans un territoire rural – Les Escales de la Vallée en sont le témoignage.

La diffusion jeune public.

On ne peut plus compter sur le hasard pour que tous les enfants rencontrent un jour, l’art et la culture. La sortie au spectacle et au cinéma sur le temps scolaire ou pendant les temps de loisirs collectifs, demeure la seule alternative à un monde sursaturée d’images, par le choix de spectacles et de films adaptés aux différentes tranches d’âge, par la rencontre avec les artistes après les représentations, par la venue en classe d’artistes, de cinéastes, de spécialistes de l’art, après ou avant les spectacles : tout concourt à former l’ouverture d’esprit des jeunes citoyens en devenir.

Et pour certaines familles, désireuses d’accompagner elles-mêmes leurs jeunes enfants, il est légitime qu’elles puissent trouver sur leur territoire de vie une structure organisée qui satisfasse ce désir sur des temps de loisir accessibles en famille. Les samedis, dimanches et mercredis après-midi répondent à cette attente.

C’est tout cela que la Fabrique propose lors de la saison 2005-06, en compagnie de ses partenaires départementaux et locaux : Ecole et collège au Cinéma (éducation à l’image, Ciné-Passion en Périgord), Opération Jules Verne (médiathèque municipale), D’Ombres et de Lumières (regards croisés cinéma-théâtre, Ciné Passion en Périgord & Ligue de l’Enseignement), La féroce mécanique des jours (projet départemental musique et danse, éducation nationale, ADAM 24), Les Escales de la Vallée (Ligue de l’Enseignement, ADAM 24 et communes partenaires), Festival La Vallée des Délices d’Europe (Ligue de l’Enseignement, ADAM 24, ADDC et communes partenaires.

Festival La Vallée.

Depuis 1994, La Fabrique et la Ligue de l'Enseignement de la Dordogne s'associent pour développer un projet culturel mêlant création théâtrale, spectacles de rues, concerts de musiques amplifiées, spectacles pour enfants durant le temps scolaire, rencontres conviviales autour d’une équipe artistique dans les villages et projet en direction des familles.  

La Vallée poursuit l'objectif de favoriser les rencontres au cœur de la moyenne vallée de l'Isle, en révélant le potentiel créatif de ses habitants en terme de pratiques sociales, culturelles et artistiques, marquant ainsi les mémoires individuelles et collectives par des temps de réalisations communes autour d’actions culturelles. Ceci afin de renforcer le lien social et l’égalité d’accès à l’art et à la culture en favorisant la création d’une culture commune n’excluant aucune catégorie de population.

Chaque vallée est organisée autour d'un thème qui dessine les choix des spectacles, le menu des repas conviviaux, les décorations des villages, les expositions ou stands, etc. proposés par les professionnels, habitants, mairies, écoles et associations locales. Le thème est en quelque sorte le fil rouge de toutes les communes impliquées, du début à la fin du festival.

L'édition 2005 du festival a duré cinq semaines, successivement dans treize communes de la moyenne vallée de l'Isle, au domaine de Chaulnes à Grignols et au FAE La Beauronne.

Après les thèmes du voyage, de l'œuf, de la mémoire et du conte, La Vallée 100 voix des fleurs a proposé des spectacles vivants pour les jeunes et le tout public au cœur des villages décorés par toute sorte de bouquets en bois, bouteilles en plastiques, papier recyclé ou bonbons, des expositions de fleurs imaginées par les petits et les grands enfants, un feu d'artifice final et inaugural, des petits plats accompagnés de pensées et de sirops de violette. La vallée de l'Isle n'a pas manqué d'imagination et un mois durant, s'est envoyée des fleurs.

Depuis l’édition 2003 du festival, le projet Mémoire Ouvrière Paysanne est un moyen pour le festival d'évoquer et de transmettre le passé récent de la moyenne Vallée de l'Isle afin d'inscrire ses habitants dans un devenir collectif. Cela se traduit par la collecte et l'archivage des mémoires des habitants de la vallée, la découverte de spectacles évoquant le lien passé, présent, futur et l'organisation d'échanges entre enfants et porteurs de mémoire.

Communication.

De par son activité culturelle, la communication fait partie intégrante du projet de La Fabrique : en tant que service public, le centre se doit d'informer la population de ses activités, ne serait-ce que pour les séances de cinéma. C'est donc tout naturellement que la municipalité a confié une mission de conseil et de communication au Centre Culturel. Il édite tous les mois un magazine gratuit d'information La Fabrique, davantage basé sur un travail rédactionnel de réflexion et d'analyse.

Ce dépliant de 24 pages informe la population de la programmation cinéma (critique des films, horaires des séances) et des différentes manifestations qui ont lieu sur la commune ou sur les cantons voisins et s'agrémente d'un éditorial et de brèves sur l'actualité culturelle et générale, locale et nationale. Le mensuel La Fabrique complète ainsi le bulletin municipal pour donner aux astériens toute l'information dont ils ont besoin.

Le Centre Culturel gère également au quotidien un atelier de reprographie (gestion des stocks de papier et du matériel de reproduction) et apporte ainsi son soutien aux services municipaux, aux associations cantonales en élaborant divers documents à destination de la population.

Toutes ces activités attirent un public conséquent – la fréquentation est estimée à environ 100 000 personnes par an – ce qui permet de dire qu'au-delà de Saint-Astier, le Centre Culturel jouit d'un rayonnement départemental, voire régional.

 

Edito

Et moi, émois... et vous !

Et oui ! ce monde peuplé de "nous" ne pourrait être que l’addition de "moi" : heureusement il y a "vous" !

Vous qui ne résisterez pas au plaisir de venir nous voir, les voir, le temps d’un spectacle, d’un film, d’une chanson au coin  d’une rue vibrante de poèmes pleins d’émois.

Nous qui croyons que vous et nous plus eux, nous allons vivre un bien joli mois de mai.

"Mai, mai, mai, Paris mai" chantait le poète d’Ô Toulouse répondant ainsi aux millions de chinois... et moi et moi et moi.

Bref, des moments de petits bonheurs, de ceux qui font que le cœur des trois vallées va battre  à l’unisson  un (é)mois durant.

Soyez curieux, laissez vous porter par le vent nouveau du printemps, celui qui annonce la floraison des émotions collectives.

Ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon,vous n’en sortirez pas vivant
Fontenelle


Agnès Garcenot
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